Une
étude, menée par des chercheurs de Climate Impact Lab, soutient qu’il faut développer des systèmes d’accès à l’électricité plus fiables, pour faire face aux températures élevées qui seront mortelles pour les populations démunies d’ici à 2050, à travers le monde et particulièrement au Sahel en Afrique.
Pour les chercheurs de ce consortium américain de recherche collaborative à but non lucratif, quantifiant de manière empirique les coûts réels et les impacts socio-économiques du changement climatique, 430 000 personnes pourraient mourir chaque année de la chaleur due aux changements climatiques dans le monde, d’ici à 2050, à cause d’un faible accès à l’électricité, présentée comme une ressource censée contribuer à atténuer le choc climatique, notamment par l’usage de la climatisation.
Expert en analyse des risques climatiques, Boubacar Issoufou, indique que le Niger, un des pays sahéliens aux inégalités criardes en matière d’accès à l’électricité cité par le rapport, fait déjà face à une hausse des décès pendant les périodes chaudes, notamment chez les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes et les malades.
Or, il manque de solution de refroidissement pour tous, faute d’électricité disponible durant les pics de chaleur, souligne pour sa part, Maman Mansour, directeur de la Promotion des énergies renouvelables au Niger. « Un refroidissement durable » devient alors nécessaire, selon lui, impliquant une climatisation dans certains espaces sensibles comme les hôpitaux, écoles et lieux de travail.
« L’enjeu actuel n’est donc plus de promouvoir ou de rejeter la climatisation, mais de développer un “refroidissement durable”, fondé sur l’efficacité énergétique, des réfrigérants à faible impact climatique, une conception bioclimatique des bâtiments et une alimentation électrique de plus en plus décarbonée », souligne Mansour.
Pour Issoufou, « il faudrait aller vers une solution beaucoup plus verte, créer des espaces verts autour des villes afin de rafraîchir et de faire baisser les températures ».
Quant aux auteurs du
rapport publié fin juillet dernier, il est urgent d’intégrer l’accès à une électricité fiable et abordable, et d’en faire un outil d’adaptation climatique. Cela implique une réforme des marchés d’électricité, un meilleur accès au refroidissement intégrant de la végétation, les alertes précoces et les prévisions météorologiques.
Image de bannière : Un hameau au Niger sans accès à l’électricité dans les environs immédiats de la capitale Niamey. Image de via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).