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RDC : La Réserve à Okapis menacée par les incursions d’ADF

Victoire Mbuto 9 Oct 2026
La Réserve de faune à okapis (RFO), dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), connaît une menace persistante des groupes armés secouant la région. Berce N’Safuansa, directeur de la conservation du projet de conservation de l’okapi, au sein de l’ONG Wildlife conservation society (WCS), alerte le jeudi 8 octobre, sur la menace contre les okapis, ainsi que sur la sécurité du personnel qui serait en danger et celle des communautés avoisinant cette aire protégée cogérée avec l’ICCN. Selon WCS, cette menace vient des Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé ougandais opérant non loin du quartier général de la RFO. Cette alerte fait suite à la mort d’un écogarde, dans une attaque attribuée aux ADF, la nuit du 29 au 30 septembre 2026. Face à la dégradation de la situation sécuritaire, N’Safuansa attire l’attention des autorités compétentes et de leurs partenaires. « Je lance un cri d’alarme urgent pour attirer l’attention des autorités compétentes et de tous nos partenaires sur la nécessité de renforcer, sans délai, la sécurité du Quartier général de la Réserve de faune à Okapis ». Il précise également que ces menaces s’intensifient depuis mars 2026. Selon lui, les menaces visent aussi les trois okapis réintroduits au Centre de conservation et d’éducation des okapis (OCP, sigle en anglais) à Epulu, après 13 ans de captivité. « Nous appelons donc à la mise en place des mesures de sécurisation renforcées et immédiates autour du quartier général, afin de prévenir toute nouvelle incursion, et de garantir la sécurité des personnes ainsi que la protection des okapis et des installations de conservation. La protection de ces trois okapis doit être urgente », dit-il. Les ADF sont accusées d’incursions dans plusieurs villages de la province de l’Ituri, depuis plusieurs années. Selon Jean Lokondji, chargé des relations publiques de la société civile de Mambasa, on ne peut séparer la protection des okapis de celle des communautés locales. « Nous ne voulons pas que les okapis soient abandonnés, dispersés ou exposés au risque de disparition. Protéger les populations humaines est une urgence. Protéger les okapis l’est également. Ne laissons pas l’insécurité transformer une crise sécuritaire en catastrophe écologique », dit-il à Mongabay par téléphone. Pour N’Safuansa, les interventions militaires sont nécessaires dans ce contexte, pour sauver les okapis et les communautés. Image de bannière : Un des okapis au zoo d’Epulu. Image fournie par le projet de conservation de l'okapi du Wildlife Conservation Society, avec son aimable autorisation.
Un des okapis au zoo d’Epulu. Image fournie par le projet de conservation de l'okapi du Wildlife Conservation Society, avec son aimable autorisation.

Le Gabon durcit les règles sur l’iboga pour la protéger et mieux répartir ses revenus

Anne Nzouankeu 7 Oct 2026
Le Gabon renforce les règles encadrant l’exploitation et l’exportation de l’iboga (Tabernanthe iboga), une plante médicinale endémique des forêts humides d’Afrique centrale et occidentale, a constaté Mongabay sur place. D’après un projet de décret adopté en Conseil des ministres le 18 septembre 2026, l'exportation de l'iboga et de tous ses dérivés, sous quelque forme que ce soit, est interdite et passible de sanctions pénales, forestières et douanières. Les nouvelles mesures visent à « protéger la plante et les savoirs traditionnels qui lui sont associés ». Cette décision fait suite à un engouement mondial croissant pour l'ibogaïne, une substance extraite de la racine de la plante, de plus en plus étudiée et employée pour traiter les addictions et divers troubles de santé mentale. Par exemple, Ambio Life Sciences, une entreprise canadienne disposant de cliniques au Mexique et à Malte, propose des programmes de traitement dont les prix varient de 7 350 USD à 30 000 USD. À cela, s'ajoute une pression environnementale. La hausse de la demande internationale alimente une coupe intense au cœur des forêts protégées du Gabon, mettant en péril les stocks sauvages de la plante. En 2023, une analyse de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol) a révélé qu'une grande partie du commerce de l’iboga était illicite, notant que le nombre de revendeurs en ligne a presque quadruplé entre 2021 et 2023. Des initiatives locales de culture ont vu le jour. Dans la province de l’Ogooué-Ivindo par exemple, l’association de villages A2E cultive l’iboga plutôt que de dépendre des prélèvements sauvages. Entre 2023 et début 2025, elle en a vendu légalement 41 kilogrammes à une entreprise canadienne pour plus de 32 millions de francs CFA (environ 55 000 USD). Les contrats de vente avaient prévu qu’elle bénéficie d’une part de la valeur que l’iboga acquiert plus loin dans la chaîne, lorsqu’il est transformé en extrait ou utilisé pour des traitements en clinique. Mais A2E n’a encore rien perçu de cette part. « Il ne serait pas cohérent que notre pays fournisse la ressource et les connaissances, tandis que la recherche, les brevets et les retombées économiques se développent principalement ailleurs », explique Guy-Bertrand Mapangou, président du Conseil économique, social, environnemental et culturel du Gabon, à Mongabay. Selon lui, le pays doit passer « de l’exportation des ressources à la création de valeur sur place ». Image de bannière : Un étal de produits de la médecine traditionnelle au marché de La Peyrie, à Libreville (Gabon), proposant de l'iboga et d'autres remèdes à base de plantes. Image de Molly Helfend pour Mongabay.

Le Kenya enregistre son premier décès lié au virus Ebola Bundibugyo

Anne Nzouankeu 6 Oct 2026
Selon le ministre de la Santé, Aden Duale, intervenant le 6 octobre 2026 au cours d’un point de presse à Nairobi, le Kenya confirme le premier décès lié à Ebola du variant Bundibugyo, survenu sur son territoire dans la nuit du 5 au 6 octobre à Nairobi. Au cours d’un point de presse ce 6 octobre 2026, à Nairobi, le ministre a indiqué que la victime vivait en République démocratique du Congo (RDC) depuis environ sept ans et y était malade depuis près d’un mois. Elle a quitté le pays par la route pour Kampala, en Ouganda, avant de prendre un vol pour Nairobi, où il est arrivé le 3 octobre dernier. Après son hospitalisation, des prélèvements analysés par deux institutions médicales du pays ont confirmé une infection par le virus Ebola Bundibugyo. Après la confirmation de ce décès, les autorités sanitaires ont lancé, selon le ministre, la recherche et le suivi des personnes ayant été en contact avec le patient. Vingt-huit contacts ont déjà été identifiés, notamment parmi ses proches et le personnel de santé. Les autorités recherchent également « 23 passagers et quatre membres de l’équipage qui voyageaient avec lui », dit Duale. Le ministre Duale affirme avoir par ailleurs notifié ce cas de décès lié à Ebola à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), conformément au Règlement sanitaire international. Il indique que l’inhumation du patient doit être faite « selon les protocoles d’enterrement sûr et digne appliqués aux personnes décédées d’Ebola ». Avant la détection de ce premier cas, le pays avait déjà renforcé sa surveillance en raison des épidémies d’Ebola dans la région. Au 6 octobre, « plus de 652 000 voyageurs avaient été contrôlés aux points d’entrée du pays, 267 échantillons analysés dans cinq laboratoires et 4 971 agents de santé formés à la préparation et à la réponse à la maladie », a annoncé Duale. Le ministre appelle la population à se laver régulièrement les mains, à éviter les contacts étroits avec des personnes malades provenant de zones où Ebola circule, et à signaler rapidement tout cas suspect aux services de santé. La maladie à virus Ebola se transmet notamment par contact direct avec le sang ou les fluides corporels d’une personne infectée. La confirmation de ce premier cas au Kenya intervient alors que la RDC voisine fait face, depuis mai 2026, à une épidémie d’Ebola causée par le virus Bundibugyo. Cette 17ᵉ épidémie enregistrée en RDC depuis 1976 et la deuxième due au virus Bundibugyo a déjà fait 4 116 décès parmi les cas confirmés, soit 4 114 en RDC et deux en Ouganda. Image de bannière : Un travailleur se désinfecte au Centre médical évangélique de Bunia, en RDC. Image de Prosper Heri Ngorora.

Les communautés locales protectrices des forêts, entre reboisement et régénération naturelle, en Afrique

Anne Nzouankeu 6 Oct 2026
Entre septembre et octobre 2026, Mongabay a répertorié au moins dix cas, dans différents pays africains, où des communautés locales participent directement à la restauration et à la protection des forêts. Elles interviennent notamment dans le reboisement, la régénération naturelle, l’entretien des espaces restaurés, la prévention des incendies et la surveillance des forêts. Au Kenya, par exemple, 68 hectares de la forêt de Dundori, située dans le centre-ouest du Kenya, ont été restaurés avec la participation des communautés locales, informe l’Agence française de développement (AFD), dans un communiqué publié sur son site internet, le 1ᵉʳ octobre 2026. Les populations riveraines ont notamment participé à la préparation des terrains, à la plantation, à l’entretien des jeunes plants et à la protection de la forêt. Selon l’AFD, plus de 1 000 ménages vivant autour de Dundori ont également bénéficié d’activités génératrices de revenus liées au projet. À Madagascar, selon la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar (FAPBM), une structure de financement de la conservation des aires protégées et de la biodiversité, 42 hectares de forêt ont été restaurés dans la Réserve spéciale d’Ambohitantely, gérée par Madagascar National Parks. La restauration combine deux approches : 7 hectares restaurés par plantation et 35 autres par restauration passive assistée, c’est-à-dire en favorisant la régénération naturelle de la forêt plutôt qu’en replantant systématiquement des arbres. « Au total, 17 000 plants représentant 48 espèces ont été utilisés, avec un taux de réussite supérieur à 90 % », dit la FAPBM. Elle ajoute que les travaux de restauration ont représenté plus de 9 300 journées de travail pour les populations locales, et souligne la participation importante des femmes. Au Sénégal, six communes de la région de Ziguinchor, dans le sud du pays, participent à la restauration et à la protection de la forêt classée intercommunale de Tendouck, notamment à travers « le reboisement, l’enrichissement et surtout la protection à travers l’ouverture et l’entretien de pare-feux sur plusieurs kilomètres », selon l’Agence sénégalaise de la reforestation et de la Grande Muraille verte (ASERGMV). « Cette implication croissante des communautés pourrait notamment s’expliquer par le recours à des approches de restauration moins coûteuses, comme la régénération naturelle assistée, mais aussi par la volonté d’associer davantage les populations riveraines aux bénéfices économiques de la restauration », explique à Mongabay par téléphone, Liyabin Noundja, docteur en écologie, spécialisé en aménagement et gestion des écosystèmes au Laboratoire de botanique et écologie végétale de l’université de Lomé, au Togo. Image de bannière : Entrée de la Réserve nationale de la Forêt de Kakamega, au Kenya. Image de Josep M. Gracia via Wikimédia Commons.

Une jeune femelle gorille rapatriée du Nigeria vers le Congo, tandis qu'un rhinocéros blanc mâle naît à Garamba en RDC

Trésor Wayitsomaya 5 Oct 2026
Grâce à des analyses ADN, une jeune femelle gorille, sauvée du trafic d’espèces sauvages, a été rapatriée du Nigeria vers le Centre de réhabilitation des chimpanzés de Tchimpounga, un sanctuaire des animaux victimes de braconnage et de trafic, situé au sud-est de la République du Congo. D’après l’Institut Jane Goodall (JGI), basé en République du Congo, qui a communiqué sur le retour de Bili dans la région du bassin du Congo, sur Instagram le 1er octobre 2026, le rapatriement a été organisé après plus de trois ans de prise en charge au Nigeria, où la jeune gorille a été sauvée en août 2023, par les services douaniers, alors qu’elle était destinée au trafic d’espèces sauvages. Jointe au téléphone par Mongabay, Dr Rebeca Atencia, directrice exécutive de JGI au Congo et vétérinaire en chef de Tchimpounga, voit dans ce transfert un exemple de coopération régionale. « Le cas de Bili est un formidable exemple de pays africains travaillant ensemble au-delà des frontières, non seulement pour protéger la faune sauvage, mais aussi pour assurer le bien-être d’un animal individuel à court et à long terme », souligne-t-elle. Selon le porte-parole des douanes nigérianes, Abdullahi Maiwada, le rapatriement de la gorille a été mené après la confirmation de son origine congolaise par le test ADN. « Après qu’un test ADN ait confirmé que Bili est originaire de la République du Congo, les autorités ont organisé son rapatriement de Calabar à Lagos, puis l’ont transportée par avion au Congo », a-t-il déclaré, à l’Agence de presse du Nigeria (NAN, sigle en anglais). Bien avant ce rapatriement, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a annoncé, début octobre, la naissance d’un rhinocéros blanc mâle dans le Parc national de la Garamba, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). Observé quelques jours plus tard après sa naissance lors d’une patrouille de routine, le nouveau-né est en bon état et reste auprès de sa mère, selon l’ICCN, qui précise que cette naissance intervient dans le cadre d’un programme de réintroduction du rhinocéros blanc du Sud (Ceratotherium simum simum), lancé à Garamba en 2023, un signal important pour ce programme. « La perte tragique de notre sous-espèce du Nord a été une épreuve douloureuse, mais elle n’a fait que cimenter notre résolution », a déclaré Yves Milan Ngangay, directeur général de l’ICCN. « Cette nouvelle naissance est la preuve éclatante que nos efforts de réintroduction portent leurs fruits, et que nous tenons notre promesse de restituer à la RDC sa riche biodiversité ». Image de bannière : La  jeune gorille de Bili paisiblement dans la forêt de la nature dans la Réserve naturelle de Tchimpounga au Congo. Image de Dr Rebeca Atencia,  de Institut Jane Goodall.

Le Togo mise sur des semences de qualité pour planter un milliard d’arbres

Anne Nzouankeu 5 Oct 2026
Pour atteindre son objectif national de reboisement d’un milliard d’arbres d’ici à 2030, le Togo a identifié et géolocalisé des arbres semenciers de plusieurs essences, sur son territoire. Dans le lot, on retrouve des arbres repérés en septembre 2026 : le Cola gigantea (colatier géant), le Terminalia superba (fraké), l’Acacia auriculiformis (acacia à feuilles auriculées), l’Anogeissus leiocarpus (bouleau d’Afrique), le Vitellaria paradoxa (karité), le Khaya senegalensis (acajou du Sénégal) et le Cedrela odorata (cèdre des Antilles). Selon Komi Anthe, directeur général de l’Office de développement et d’exploitation des forêts (ODEF), l’institution publique en charge des forêts, l’opération visait à « repérer des porte-graines de qualité, à enregistrer leurs coordonnées géographiques, à déterminer les périodes optimales de récolte et à établir une cartographie complète des semenciers ». Gertrude Mbomo, agroforestière spécialisée en technologie des semences en service au ministère de l'Agriculture et du développement rural (MINADER) du Cameroun, explique au téléphone à Mongabay que « l’identification de bons semenciers est particulièrement importante pour certaines espèces, dont la régénération ou la multiplication est difficile ». Selon elle, le bouleau d’Afrique (Anogeissus leiocarpa), par exemple, est largement exploité pour son bois, son combustible et ses usages médicinaux. Il fournit aussi la nourriture et l’abri à différentes espèces animales, et contribue à protéger les sols contre l’érosion. Pourtant, la capacité germinative de ses graines est faible, ce qui limite sa plantation. Pour le karité (Vitellaria paradoxa), dont les noix servent à la production de beurre utilisé dans l’alimentation et les cosmétiques, la multiplication est également difficile. « Les graines sont peu disponibles, leur germination est irrégulière et il faut attendre entre 10 et 15 ans après sa germination avant qu’il commence à produire des noix ». Pour l’acajou du Sénégal (Khaya senegalensis), espèce indigène fortement exploitée pour son bois, « la qualité des semences est particulièrement importante. Plusieurs études montrent que les graines de grande taille ont un taux de germination plus élevé et produisent des plants plus vigoureux que les petites graines. Les chercheurs estiment que la sélection de semences de qualité peut ainsi contribuer à améliorer la réussite des programmes de reboisement utilisant cette espèce », dit Mbomo. L’experte encourage ce type d’initiatives, dans un contexte où « la production semencière reste confrontée à de nombreux défis en Afrique subsaharienne, notamment le faible accès aux semences de qualité, l’insuffisance des infrastructures et des capacités techniques, ainsi que la faiblesse des systèmes de certification ». Image de bannière : Les fruits du karité sont séchés dans des fours en terre. Image de Hauguel François via Wikimédia Commons.

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