Une étude menée dans le parc national de la forêt tropicale de Gola, en Sierra Leone, par des chercheurs de l'université du Wisconsin-Madison aux États-Unis, montre que le financement REDD+ des Nations unies, conçu pour réduire la déforestation et favoriser le stockage du carbone, peut aussi bénéficier à la biodiversité animale.
Selon cette
étude publiée en mars 2026 dans la revue
Conservation Science and Practice, des recherches antérieures avaient montré que le mécanisme REDD+ avait permis de réduire la déforestation de 30 % dans le parc par rapport aux zones voisines. Toutefois, aucune évaluation n'avait encore été faite pour savoir si cette baisse de la déforestation profitait réellement à la faune. « Nous constatons que si elles sont bien menées, les initiatives de financement du carbone ont la capacité de protéger à la fois la biodiversité, au-delà du simple habitat, et les marchés du carbone », déclare Sathya Chandra Sagar, l’auteur principal de l’étude, à
Mongabay.
Les chercheurs ont comparé trois zones : le parc national de Gola, financé par REDD+, une aire protégée voisine au Libéria, sans financement REDD+, et une zone agroforestière communautaire située à la périphérie du parc. Ils ont évalué la biodiversité à l'aide de deux approches complémentaires : l'analyse des paysages sonores grâce à des enregistreurs acoustiques et le métabarcoding ADN, une technique permettant d'identifier les espèces à partir de l'ADN d'insectes collectés dans des pièges.
Le parc de Gola présentait une saturation acoustique plus élevée, tout au long de la journée, que la zone agroforestière communautaire, ce qui suggère une biodiversité animale plus importante dans le parc. Les saturations sonores totales étaient proches, entre le parc et l’aire protégée libérienne, mais Gola comptait davantage d’espèces vocalisant à l’aube et à midi, ainsi que plus de sons uniques d’insectes, d’oiseaux et de grands mammifères. La zone agroforestière communautaire affichait une diversité totale d’insectes plus élevée que le parc, notamment pour les mouches et les papillons de nuit.
Selon les auteurs, cette plus grande diversité pourrait s'expliquer par la variété des milieux présents dans la zone agroforestière et par les activités humaines profitables à certaines espèces d'insectes.
Toby Gardner, chercheur principal à l'Institut de l'environnement de Stockholm, en Suède, affirme à Mongabay que ces résultats sont « convaincants », quant à l'impact positif de REDD+ sur la biodiversité. « Si nous considérons les forêts comme des écosystèmes vivants, ce qui est le cas, nous voulons savoir dans quelle mesure nous les protégeons en tant qu'écosystèmes vivants, et non comme de simples réservoirs de carbone », dit Gardner, qui n'a pas participé à ces recherches.
Image de bannière : La forêt tropicale de Haute-Guinée en Sierra Leone abrite des espèces menacées comme le pic à cou blanc (Picathartes gymnocephalus). Image de Charles J. Sharp via Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).