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Le marché du recyclage des panneaux solaires pourrait échapper à l’Afrique

Anne Nzouankeu 19 Aug 2026
Près de 400 millions de tonnes de déchets issus des panneaux photovoltaïques pourraient s’accumuler dans le monde d’ici à 2060, selon une étude publiée le 12 août 2026, dans la revue scientifique Nature. Cette accumulation annoncée des déchets solaires pose le problème de leur traitement, mais ouvre également un marché autour de la récupération des matériaux contenus dans les panneaux en fin de vie. Le recyclage permet, selon les chercheurs, de récupérer des matériaux de valeur comme « le silicium, l’argent et le cuivre ». Pour eux, cette activité, qui n’est pas encore rentable à l’échelle mondiale, devrait atteindre son seuil de rentabilité dans une dizaine d’années, à mesure que les volumes de panneaux arrivant en fin de vie augmenteront et que les technologies de traitement progresseront. Mais toutes les régions du monde ne disposent pas des mêmes capacités pour profiter de cette future économie du recyclage. L’étude met notamment en évidence les difficultés des régions à faible revenu, y compris l’Afrique, où les infrastructures et les technologies nécessaires au traitement des panneaux photovoltaïques restent limitées. Les techniques disponibles en Afrique, indique l’étude, reposent encore largement sur des procédés mécaniques ou des circuits informels, qui ne permettent pas nécessairement de récupérer efficacement les matériaux ayant plus de valeur. Cette faiblesse des capacités locales pourrait conduire les pays africains à dépendre d’installations de recyclage situées dans d’autres régions, réduisant ainsi les bénéfices économiques liés à la récupération des matériaux. Pour éviter que l’Afrique soit en marge de cette nouvelle économie circulaire, les chercheurs préconisent le développement de capacités locales de recyclage, soutenu par le transfert de technologies et des financements internationaux. Ursula Doriane Dountio Saha, ingénieure indépendante en énergie renouvelable camerounaise, explique à Mongabay que le véritable enjeu pour l’Afrique est d’éviter de reproduire avec le solaire les erreurs observées dans d’autres secteurs technologiques, où le continent a souvent importé des équipements sans transfert suffisant de technologies et de compétences. « Il y a encore quelques années, dans certains pays, des industries restaient longtemps à l’arrêt dans l’attente de l’arrivée de techniciens étrangers capables d’assurer leur maintenance », dit Dountio Saha. « Dans le secteur agricole, des tracteurs et d’autres machines importées ont parfois été immobilisés, faute de pièces de rechange ou de compétences locales pour les réparer. Le développement du solaire doit anticiper cette question dès maintenant, en construisant localement les compétences nécessaires pour maîtriser leur maintenance et les technologies permettant leur recyclage », précise-t-elle. Image de bannière : Un commerçant entretient ses trois panneaux photovoltaïques, à Lumbwe en RDC. Image de Willy Mbuyu pour Mongabay.
Un commerçant entretient ses trois panneaux photovoltaïques, à Lumbwe en RDC. Image de Willy Mbuyu pour Mongabay.

À Ruzizi en RDC, les communautés locales au cœur de la restauration des terres dégradées

Anne Nzouankeu 17 Aug 2026
Selon un récent article de l’organisation environnementale congolaise Climate Change Africa Opportunities (CCAO) publié sur son site internet, les communautés locales dans la plaine de la Ruzizi, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont restauré au total 11 696 hectares de terres, soit l’équivalent d’environ 16 381 terrains de foot, entre 2025 et mars 2026. Il s’agit des terres qui étaient fragilisées par la déforestation, les feux d’origine humaine, l’exploitation minière et le pâturage. Située le long de la frontière avec le Rwanda et le Burundi, la plaine connaissait une baisse de la productivité des sols, une augmentation des risques de glissements de terrain, ainsi qu’une dégradation de la qualité et de la disponibilité de l’eau. Les communautés locales ont été associées aux différentes étapes de la restauration, notamment à travers les activités de pépinière, de plantation et d’entretien des arbres. Au total, « 278 travailleurs et 192 volontaires ont été mobilisés », parmi lesquels 29 % de jeunes, 61 % de femmes, ainsi que des pépiniéristes et des exploitants locaux, d’après l’article. Celui-ci explique que la communauté a misé sur l’agroforesterie pour restaurer ces espaces, en associant des arbres fertilisants et fruitiers, ainsi que des essences forestières, aux parcelles agricoles. Les arbres fruitiers doivent notamment permettre de développer des activités génératrices de revenus grâce à la production et à la commercialisation des fruits, tout en contribuant à la protection des sols. La campagne, achevée en mars 2026, a permis de mettre en terre « 52 209 arbres », souligne cette publication. Interrogée, l’ingénieure agronome camerounaise, Gérardine Sonkoué, explique à Mongabay que la restauration de ces 116 96 hectares par l’agroforesterie est particulièrement intéressante, parce que cette méthode ne cherche pas seulement à replanter des arbres, mais à rétablir durablement les fonctions productives des sols. « L’association de ces différentes catégories d’arbres peut contribuer à réduire l’érosion, à améliorer la structure et la fertilité des sols, à favoriser l’infiltration et la rétention de l’eau et, à terme, à augmenter les rendements agricoles », souligne cette ancienne directrice exécutive de la Confédération nationale des producteurs de cacao du Cameroun. « Les projets auxquels les communautés locales sont associées sont à encourager. Il faudra suivre dans les prochaines années le taux de survie des arbres, l’évolution de la fertilité des sols, la réduction de l’érosion et les effets réels sur les rendements agricoles, pour confirmer la réussite de la restauration », dit Sonkoué. Image de bannière : Une agricultrice récolte des cultures vivrières à Kamanyola, dans la plaine de Ruzizi. Image de Edwin Alden via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).
Une agricultrice récolte des cultures vivrières à Kamanyola, dans la plaine de Ruzizi. Image de Edwin Alden via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).

Améliorer l'accès à l'électricité en Afrique pour faciliter une consommation de la climatisation contre la hausse des températures

Didier Makal 17 Aug 2026
Une étude, menée par des chercheurs de Climate Impact Lab, soutient qu’il faut développer des systèmes d’accès à l’électricité plus fiables, pour faire face aux températures élevées qui seront mortelles pour les populations démunies d’ici à 2050, à travers le monde et particulièrement au Sahel en Afrique. Pour les chercheurs de ce consortium américain de recherche collaborative à but non lucratif, quantifiant de manière empirique les coûts réels et les impacts socio-économiques du changement climatique, 430 000 personnes pourraient mourir chaque année de la chaleur due aux changements climatiques dans le monde, d’ici à 2050, à cause d’un faible accès à l’électricité, présentée comme une ressource censée contribuer à atténuer le choc climatique, notamment par l’usage de la climatisation. Expert en analyse des risques climatiques, Boubacar Issoufou, indique que le Niger, un des pays sahéliens aux inégalités criardes en matière d’accès à l’électricité cité par le rapport, fait déjà face à une hausse des décès pendant les périodes chaudes, notamment chez les personnes âgées, les enfants, les femmes enceintes et les malades. Or, il manque de solution de refroidissement pour tous, faute d’électricité disponible durant les pics de chaleur, souligne pour sa part, Maman Mansour, directeur de la Promotion des énergies renouvelables au Niger. « Un refroidissement durable » devient alors nécessaire, selon lui, impliquant une climatisation dans certains espaces sensibles comme les hôpitaux, écoles et lieux de travail. « L’enjeu actuel n’est donc plus de promouvoir ou de rejeter la climatisation, mais de développer un “refroidissement durable”, fondé sur l’efficacité énergétique, des réfrigérants à faible impact climatique, une conception bioclimatique des bâtiments et une alimentation électrique de plus en plus décarbonée », souligne Mansour. Pour Issoufou, « il faudrait aller vers une solution beaucoup plus verte, créer des espaces verts autour des villes afin de rafraîchir et de faire baisser les températures ». Quant aux auteurs du rapport publié fin juillet dernier, il est urgent d’intégrer l’accès à une électricité fiable et abordable, et d’en faire un outil d’adaptation climatique. Cela implique une réforme des marchés d’électricité, un meilleur accès au refroidissement intégrant de la végétation, les alertes précoces et les prévisions météorologiques. Image de bannière : Un hameau au Niger sans accès à l’électricité dans les environs immédiats de la capitale Niamey. Image de via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).
Un hameau au Niger sans accès à l’électricité dans les environs immédiats de la capitale Niamey. Image de via Wikimédia Commons (CC BY-SA 4.0).

RDC : Un bébé gorille porte à 20 individus l’effectif de la famille Rugendo dans le Parc national des Virunga

Trésor Wayitsomaya 14 Aug 2026
Une nouvelle naissance d’un bébé gorille de montagne (Gorilla beringei beringei) a été enregistrée dans le Parc national des Virunga, situé dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). D’après la direction du parc, le nouveau-né, une femelle, a été repéré par des pisteurs communautaires lors d’une patrouille de suivi de routine. Les observations sur le terrain ont permis d’identifier la mère, nommée Buzara, et de confirmer le sexe du bébé. « Une nouvelle naissance a été enregistrée cette semaine au sein de la famille Rugendo. Lors d’une visite de suivi de routine, les pisteurs communautaires ont observé un nouveau-né. Les observations de terrain ont permis d’identifier Buzara comme la mère, et de confirmer que le bébé est une femelle », indique le parc, hier sur sa page Facebook. Cette naissance porte à 20 le nombre d’individus composant le groupe Rugendo, l’une des familles suivies au sein du parc. Il s’agit également de la 13ᵉ naissance recensée chez les gorilles de montagne de la réserve depuis le début de l’année 2026. Pour le parc, cette dynamique de reproduction intervient dans un contexte sécuritaire extrêmement complexe dans l’est de la RDC, où les activités de conservation font face à d’importants défis logistiques et sécuritaires. Pour les responsables de l'aire protégée, ces naissances successives témoignent de la résilience de l'espèce et de l'efficacité des patrouilles de protection. « Cette nouvelle naissance intervient dans un contexte d’efforts continus pour assurer la conservation des gorilles de montagne dans le Parc national des Virunga », souligne l’institution, rappelant que ces interventions bénéficient notamment du soutien financier et technique de l’Union européenne et de l’UNESCO. Interrogé au télephone par Mongabay, Joël Mapoli, chercheur au sein de Research Center for Environmental Planning (RCEP), une organisation basée au Nord-Kivu en RDC, spécialisée dans la lutte contre la déforestation et la perte de biodiversité dans le bassin du Congo, cette nouvelle naissance constitue un symbole fort. « Cette 13ᵉ naissance est un message très important. Elle montre les meilleurs efforts consentis par les gestionnaires du PNVi, malgré le contexte actuel de guerre et renforce l’espoir des conservationnistes, quant à la protection des gorilles dans les Virunga », explique-t-il. « En dépit de l’insécurité, les équipes se démènent tant bien que mal pour assurer la survie de ces animaux. C’est donc un message d’espoir. Les gorilles continuent à se reproduire dans leur habitat, grâce aux pisteurs communautaires, qui jouent un rôle capital pour le suivi des gorilles », a déclaré le chercheur à Mongabay. Image de bannière : Le bébé gorille de montagne (Gorilla beringei beringei) dans les bras de sa mère. Image de Parc national des Virunga en RDC.
Le bébé gorille de montagne (Gorilla beringei beringei) dans les bras de sa mère. Image de Parc national des Virunga en RDC.

Le stockage du carbone dans le bassin du Congo passe aussi par la préservation des corridors des éléphants

Anne Nzouankeu 14 Aug 2026
Un article met en évidence le rôle écologique déterminant de l'éléphant de forêt (Loxodonta cyclotis) en matière de stockage du carbone dans le bassin du Congo, le deuxième plus grand poumon vert de la planète. L’article, publié le 11 août 2026, par le Fonds mondial pour la nature (WWF), sur son site internet, les décrit comme des « architectes de la forêt tropicale ». Car, en se déplaçant et en se nourrissant, « les éléphants transportent des graines, parfois sur de longues distances, qu'ils déposent dans leurs excréments riches en nutriments », favorisant ainsi « la germination de nombreuses espèces d'arbres et la croissance des forêts denses là où ils se nourrissent ». « Par conséquent, les forêts abritant des éléphants peuvent stocker davantage de carbone aérien que les forêts qui en sont dépourvues », ajoute l’organisation. Mais ce rôle écologique dépend, selon WWF, de la capacité des éléphants à continuer de circuler entre les différentes zones forestières. Or, leurs itinéraires sont de plus en plus perturbés par l'expansion des routes, des mines, des plantations, ainsi que des infrastructures énergétiques qui fragmentent leur habitat et coupent parfois les passages qu'ils empruntent, pour accéder aux zones où ils se nourrissent, trouvent de l'eau ou se reproduisent. WWF recommande de préserver les corridors permettant aux éléphants de circuler entre les différentes zones forestières, de prendre en compte leurs itinéraires lors de la construction de routes et d’autres infrastructures, et d’éviter que les forêts qu’ils fréquentent ne soient morcelées ou isolées les unes des autres. Aristide Comlan Tehou, spécialiste béninois de la conservation et membre du Groupe de spécialistes de l'éléphant d'Afrique de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), un réseau international d'experts travaillant sur la conservation des éléphants et de leurs habitats, pense que, contrairement à certains autres grands puits de carbone forestiers, comme l’Amazonie, qui ne possèdent plus de grands herbivores, les forêts d’Afrique centrale ont l’avantage d’abriter l’éléphant de forêt, dont l’action sur la végétation peut contribuer à renforcer le stockage du carbone. « Cette présence constitue un avantage écologique que nous devons préserver. Protéger les corridors de déplacement des éléphants, c’est leur permettre de continuer à jouer ce rôle sur de vastes espaces forestiers, et ainsi maintenir leur contribution naturelle à la séquestration du carbone dans le bassin du Congo », dit Tehou, par téléphone, à Mongabay. Image de bannière : Des éléphants des forêts d’Afrique (Loxodonta cyclotis). Image de Jean-Paul Boerekamps via Wikimédia Commons.
Des éléphants des forêts d’Afrique (Loxodonta cyclotis). Image de Jean-Paul Boerekamps via Wikimédia Commons.

Cameroun : Le changement climatique fait chuter la production de cacao de 19 % en 2025-2026

Léonel Balla 13 Aug 2026
D’après des données agricoles récentes, le changement climatique a eu un impact sur la production commercialisée de cacao au Cameroun. Les chiffres publiés, le 5 août dernier, par l’Office national du cacao et du café (ONCC), indiquent une chute de près d’un cinquième  de la production nationale commercialisée de cacao, pour la campagne 2025-2026. Le pays n’a mis sur le marché que 247 914 tonnes de fèves contre 309 518 tonnes lors de la campagne précédente, soit 61 604 tonnes de moins. Dans une note d’information, l’ONCC attribue directement la responsabilité de cette contreperformance au climat, c’est-à-dire au dérèglement météorologique. « Les changements climatiques affectent la floraison des cacaoyers et le développement des cabosses », précise-t-elle. Dr Christophe De Fer Onana, expert en production végétale et vulgarisation agricole, chef de poste agricole de l'arrondissement d'Evodoula dans la région du Centre, partage cette analyse :  « Le climat est déréglé, il n’est plus maîtrisable. Autrefois, on parlait de quatre saisons : deux saisons pluvieuses et deux saisons sèches, avec une périodicité à peu près connue. Aujourd’hui, on ne peut plus prévoir quand les pluies vont commencer, ni quand elles vont s’arrêter. Cela désoriente tous les cacaoculteurs, tous les agriculteurs, et cela a évidemment des incidences directes sur la vie des producteurs ». Ce dernier explique aussi la contreperformance par la baisse du pouvoir d’achat des producteurs face à des prix fixés hors des bassins de production, le vieillissement des plantations et le déficit de formation des producteurs avec à la clé « l’abandon pur et simple des cacaoyères, et à la reconversion vers d’autres cultures » et la transformation des cacaoyères en champs de manioc, de banane plantain, de tomate, etc. Selon l’ONCC, la chute de la production commercialisée de cacao pèse sur les recettes du pays, notamment au niveau de l’exportation  et sur la transformation locale. « Les exportations étaient de 125 469 tonnes contre 192 012 tonnes la campagne précédente, soit une baisse de 34,65 % (…). Le volume de cacao entré dans les unités locales de transformation industrielle et artisanale était de 95 946 tonnes, contre 110 388 tonnes, soit une baisse de 14 442 tonnes », écrit l’Office dans sa note. Depuis cinq campagnes, la production commercialisée ne cesse de baisser : de 295 164 tonnes en 2021-2022, elle est passée à 262 112 tonnes en 2022-2023, puis à 266 710 tonnes en 2023-2024, avant le décrochage de cette année. Image de bannière : Des employés d'un magasin de cacao dans le Centre du Cameroun ramassent les fèves de cacao séchées sous le soleil alors qu'une pluie s'annonce. Image de Léonel Balla.

Le Rwanda s’apprête à baptiser 22 bébés gorilles de montagne, signe d’une conservation en plein essor

Aimable Twahirwa 12 Aug 2026
Le Rwanda va baptiser 22 bébés gorilles de montagne (Gorilla beringei beringei) le 4 septembre prochain à Kinigi, une localité du nord du pays, à l’occasion de la 21ᵉ édition de Kwita Izina, une cérémonie devenue un symbole mondial des efforts de conservation de cette espèce emblématique. L’annonce a été faite le 11 août 2026 par le secrétaire exécutif de Rwanda Nature Foundation, Eugène Mutangana, qui s’exprimait lors d’un point de presse à Kigali. Selon Mutangana, les bébés gorilles qui seront baptisés symboliseront les avancées de la conservation dans le paysage des Virunga. D’après les chiffres de l’organisation Rwanda Nature Foundation, la population de gorilles de montagne dans le paysage des Virunga, partagée entre le Rwanda, la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda, a atteint désormais environ 1 100 individus. Pour Mutangana, cette progression est le résultat de plusieurs décennies de collaboration entre les gouvernements des trois pays, les organisations de conservation, les scientifiques, les vétérinaires, les rangers et les communautés vivant à proximité des habitats des gorilles. « La croissance continue de la population des gorilles témoigne de l’importance d’une action collective et de long terme », a-t-il souligné. Selon la Collaboration transfrontalière du Grand Virunga (GVTC), une organisation intergouvernementale regroupant la RDC, le Rwanda et l'Ouganda, l’habitat naturel des gorilles de montagne reste concentré dans une zone relativement restreinte du paysage des Virunga, où les frontières nationales ne correspondent pas aux déplacements des animaux. Cette réalité rend la coopération transfrontalière essentielle à leur protection. La surveillance quotidienne des groupes de gorilles, le suivi vétérinaire, la lutte contre le braconnage, la recherche scientifique et la protection de leur habitat font partie des efforts engagés par les responsables de la conservation au niveau de ces trois pays de la sous-région, pour soutenir cette dynamique. Au Rwanda, la protection des gorilles est également étroitement liée aux communautés vivant autour du Parc national des Volcans. Pour les défenseurs de la conservation, la pérennité des résultats dépend notamment de la capacité à associer les communautés locales pour assurer une meilleure protection de la nature. Image de bannière : Des bébés gorilles jouant pendant que leur mère dort. Forêt de Bwindi, Ouganda. Image de Charles J. Sharp via Wikimédia Commons (CC BY 2.0).
Des bébés gorilles jouant pendant que leur mère dort. Forêt de Bwindi, Ouganda. Image de Charles J. Sharp via Wikimédia Commons (CC BY 2.0).

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Face à presque six fois plus de cas d’Ebola qu’en 2013-2016, Africa CDC revoit sa stratégie de riposte

Aimable Twahirwa 11 Aug 2026
En trois mois, l’épidémie d’Ebola a enregistré 3 973 cas confirmés et 1 801 décès à l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, selon les derniers chiffres communiqués le 6 août 2026 par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Le nombre de cas confirmés est désormais près de six fois supérieur à celui enregistré lors de l’épidémie historique ayant frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016, selon l’agence de santé publique autonome de l'Union africaine. L’ampleur de cette épidémie révèle, pour la première fois, la gravité de la situation, et nous oblige à repenser nos stratégies de réponse, afin d’apporter une riposte plus efficace et mieux coordonnée », a déclaré Dr Jean Kaseya, directeur général d'Africa CDC, lors d’un point de presse, le 06 août 2026 en ligne. Selon Kaseya, les chiffres disponibles ne donnent qu’un aperçu partiel de l’ampleur réelle de l’épidémie dans l’est de la RDC. Dans les zones rurales et les villages isolés, parmi les plus durement touchés, de nombreux cas pourraient encore échapper aux systèmes de surveillance, en raison des difficultés d’accès et des contraintes opérationnelles. Africa CDC et ses partenaires ont défini sept priorités pour accélérer et renforcer la réponse : la réponse communautaire, la promotion de l’accès gratuit aux soins médicaux, l'amélioration des conditions de travail du personnel de santé, la transformation numérique de la riposte, la réouverture des écoles d’ici à septembre 2026, la coordination des interventions sanitaires et humanitaires ainsi que le renforcement de la coopération transfrontalière, pour promouvoir une coordination efficace fondée sur la transparence et la responsabilité. Pour Kaseya, une approche centrée sur les communautés permet de renforcer la surveillance participative, d’améliorer la confiance entre les populations et les équipes sanitaires. Par exemple, au niveau des 6 542 villages de l’Ituri dans l’est de la RDC, les acteurs locaux seront mobilisés en vue d’accompagner les familles dans l’organisation des inhumations sûres et dignes, de promouvoir le dépistage précoce des personnes présentant des symptômes et de renforcer l’adhésion aux mesures d’isolement en cas de besoin. Les responsables des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies rappellent la nécessité d’une réponse fondée sur l’approche « Une seule santé » (One Health) basée sur l’interdépendance de la santé humaine, animale et environnementale, selon l’OMS ; car la dégradation des écosystèmes peut favoriser l’apparition et la transmission de maladies de l’animal à l’être humain. Image de bannière : Préparation à l'entrée dans une unité de traitement Ebola. Image de Athalia Christie via Wikimédia Commons (CC BY 2.0).
Préparation à l'entrée dans une unité de traitement Ebola. Image de Athalia Christie via Wikimédia Commons (CC BY 2.0).

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